Portier


Définition de l'Académie française (éd. 1986)


XII e siècle. Issu du latin portarius , de même sens, lui-même dérivé de porta , « porte ». Gardien, gardienne qui surveille les entrées et les sorties, reçoit ou renseigne les visiteurs, à l'entrée principale d'un immeuble, d'un établissement. La loge du . Le d'un collège, d'un hospice. Le de nuit . S'emploie surtout aujourd'hui pour désigner l'employé d'un hôtel, d'un restaurant, chargé d'ouvrir la porte aux clients qui arrivent ou qui quittent les lieux. L'uniforme du . Le , la portière d'un couvent, d'un monastère, le religieux, la religieuse qui a le soin d'ouvrir aux visiteurs et de les accueillir. En apposition. Frère , sœur portière. Anciennt. Ordre de , jusqu'en 1972, premier des ordres mineurs, qui conférait à un clerc la charge d'ouvrir et de fermer les portes de l'église, d'en assurer la garde et de sonner les cloches (on disait aussi Ostiariat ). Litt. Cerbère, des enfers. On appelle parfois saint Pierre le du paradis .


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)


Celui, celle qui a le soin d'ouvrir, de fermer et de garder la principale porte d'une maison. "La loge d'un . Le d'un hôtel. La portière d'un hospice."
Par apposition, "Le frère , la soeur" ou "la mère portière," Le frère convers, la religieuse qui a le soin d'ouvrir et de fermer la porte d'un couvent.
Dans l'Église catholique, "L'ordre de ," Le premier des quatre ordres mineurs.



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Celui, celle qui garde la porte d'une maison.
HAUTEROCHE: « Je vous trouve soigneux et d'une humeur accorte ; Ce sont pour un de bonnes qualités »
BOSSUET: « On en a mis [chez les anciens], trois [dieux] à la seule porte ; aussi saint Augustin reproche-t-il aux païens, qu'au lieu qu'il n'y a qu'un dans une maison et qu'il suffit parce que c'est un homme, les hommes ont voulu qu'il y ait trois dieux »
BOILEAU: « Son mari, qu'une affaire appelle dans la ville, Et qui, chez lui, sortant, a tout laissé tranquille, Se trouve assez surpris, rentrant dans la maison, De voir que le lui demande son nom »
    Fig. Bons gouverneurs de province, bons gardiens de la frontière, bons s du royaume.
BALZ.: « tant qu'il vous plaira ; mais bons ministres et bons courtisans, je ne l'accorde pas de la même sorte »
    Terme militaire. Portier consigne, de l'avancée d'une place forte.
    Adj. Dans les couvents, le frère , la soeur, la mère portière, le frère convers, la religieuse qui a le soin d'ouvrir et de fermer la porte.

 2   Portier de comédie, qui n'ouvre qu'autant qu'on lui donne quelque gratification.
RAC.: « Ma foi, j'étais un franc de comédie ; On avait beau heurter et m'ôter son chapeau ; On n'entrait point chez nous sans graisser le marteau »

 3   Dans l'histoire juive, s du temple, ceux qui, nuit et jour, veillaient sur le temple, sur les trésors et sur les offrandes.
SACI: « Les s étaient logés selon le regard des quatre vents, c'est-à-dire à l'orient, à l'occident, au septentrion et au midi »
    Dans la primitive Église, nom donné aux derniers des clercs mineurs ; ils étaient préposés à la garde de l'église, afin d'empêcher les païens d'y pénétrer, et de veiller à ce qu'hommes et femmes entrassent chacun par la porte destinée à leur sexe.

 4   Portier du paradis, nom donné à saint Pierre, à cause qu'on le représente avec deux clefs à la main.

 5   Terme de pêche. Se dit de deux piquets placés à l'entrée de la chambre ou de la tour d'une paradière.

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Th. le mart. 61: Jo fui defors la porte del escondiz
     Job, p. 444: Il n'avoit mie en sa maison , mais e
    XVème siècle
FROISS.: « Bien savoit Aimerigot Marcel que le chasteau d'Aloize delez St Flour n'estoit point gardé, fors du tant seulement »

ÉTYMOLOGIE
    Wallon, poirti, , poirtîr, portière ; provenç. ; cat. porter ; esp. portero ; ital. e ; du lat. portarius, de porta, porte.


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française



Celui, celle qui a le soin d'ouvrir, de fermer et de garder la principale porte d'une maison. "C'est un bon . Ce est exact. Ce est fidèle. La loge d'un . J'ai dit mon nom, j'ai remis ma carte à la portière. Le , la portière d'un hospice."
Dans les Couvents, "Le frère , la soeur" ou "la mère portière," Le frère convers, la religieuse qui a le soin d'ouvrir et de fermer la porte. Dans ces dénominations, "Portier" est employé adjectivement.
Dans l'Église catholique, "L'ordre de ," Le moindre des quatre ordres mineurs.



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Celui qui a soin d'ouvrir, de fermer et de garder la principale porte d'une maison. "C'est un bon . Ce est exact. Ce est fidèle".
Lorsque celui qui a soin d'ouvrir et de fermer la porte d'une grande Maison, est Suisse et porte l'épée et le baudrier, on ne l'appelle plus "Portier," on l'appelle "Suisse".
Dans les Couvens d'Hommes, lorsque celui qui a soin d'ouvrir et de fermer la porte, est Frère Convers, on l'appelle "Le Frère ," et dans cette phrase "portier" est adjectif.
Dans l'Église, l'Ordre de "Portier" est le moindre des quatre Ordres mineurs.



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



Celui qui a soin d'ouvrir, de fermer & de garder la principale porte d'une maison. "C'est un bon . Ce est exact. Ce est fidelle."
Lorsque celui qui a soin d'ouvrir & de fermer la porte d'une grande Maison, est Suisse & porte l'épée & le baudrier, on ne l'appelle plus "Portier," on l'appelle "Suisse."
Dans les Couvens d'hommes, lorsque celui qui a soin d'ouvrir & de fermer la porte, est Frère Convers, on l'appelle "Le Frère Portier."
Dans l'Église, l'Ordre de "Portier" est le premier des quatre Ordres mineurs.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)


TIèRE, s. m. et f. ["Por-tié", "tiè-re": 2e "é" fer. au 1er, "è" moy. au 2d.] "Portier", est celui qui a soin de garder, d'ouvrir et de fermer la principale porte d'une maison. = Quand il est Suisse, et qu'il porte l'épée et le baudrier, on dit, "le Suisse" et non pas "le ". 'Tout le monde n'a pas le droit d'avoir "des Suisses": des gens três-riches et três-hupés ne peuvent avoir que "des s". = "Portière" a plusieurs sens: 1°. Dans les Monastères de Filles, la Religieuse qui a soin de la porte, pour répondre aux persones du dehors, apeler les Religieûses qu' on demande, ouvrir et fermer la porte pour faire entrer et sortir, quand le cas y écheoit, "etc." '"La portière", et adjectivement, la "Soeur" ou la "Mère Portière".
- 2°. Ouvertûre du carrosse par où l'on monte et l'on descend; et ce qui sert à fermer cette ouvertûre; et la place où l'on se met dans un carrosse, vis-à-vis de la portière.
- 3°. Espèce de rideau qu'on met devant une porte, ou pour empêcher le vent ou par ornement.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. masculin 


Celuy qui a soin d'ouvrir, de fermer, & de garder la porte principale d'un logis. "C'est un bon Portier. ce Portier est exact. ce Portier est fidelle".
Dans les Convents d'hommes, lorsque celuy qui a le soin d'ouvrir & de fermer la porte est Frere convers, on l'appelle "le Frere ". Et dans les Monasteres de Filles, la Religieuse qui a le soin de la porte est appellée "la Soeur e, ou la Mere e. Dans l'Eglise l'office de Portier est le premier des quatre mineurs".




Emplacement dans le dictionnaire :

portée
portefaix
portefeuille
portefeüille
portemanteau
portement
porter
porteur
porteur de chaise

portière
portiere
portion
portique
porto
portraire
portrait
portrion
portuaire
portugais
portugaise




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de François COPPÉE (La Bonne souffrance)

...groupés au delà de la corde. Car la vieille farce ne varie guère. La femme de guignol lui reproche d'être un paresseux et un ivrogne, et guignol lui chiffonne le bonnet du bout de sa trique. Le portier se présente, une quittance de loyer à la main, et guignol, qui est en train de déménager ses meubles par la fenêtre, coiffe le portier avec le vase de nuit. Le propriétaire intervient, et guignol...


Citation n°2 de François COPPÉE (La Bonne souffrance)

...et guignol lui chiffonne le bonnet du bout de sa trique. Le portier se présente, une quittance de loyer à la main, et guignol, qui est en train de déménager ses meubles par la fenêtre, coiffe le portier avec le vase de nuit. Le propriétaire intervient, et guignol rosse le propriétaire. La gendarmerie accourt, et guignol assomme les gendarmes. La justice humaine est impuissante contre cet...


Citation n°3 de CHAMPFLEURY (Les Souffrances du professeur Delteil)

...reprit sa place, entouré de ses confrères. Les séminaristes avaient un double avantage à traiter immédiatement avec l'ennemi : leur partie n'était pas interrompue, et ils gagnaient au marché, car le portier exigeait de son côté une prime égale à celle qu'il payait aux gamins de la ville. La moindre balle perdue revenait ainsi à quatre ou cinq sous par le canal du portier, tandis que moyennant trois...


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